L'explosion du bolide avait eu lieu à une altitude si haute (37 km) que tout le monde était persuadé qu'aucun fragment n'avait pu subsister. Sauf l'Américain Peter Jenniskens, du Seti Institute. Rapidement, il s'associe avec Muawia Shaddad, de l'université de Khartoum, et monte une expédition pour en avoir le c½ur net. Les deux hommes, accompagnés de 45 étudiants, parcourent le désert en quête de précieux morceaux. Le 6 décembre 2008, la première météorite est découverte. Jusqu'en mars 2009, quelque 280 autres fragments suivront, représentant un poids total de plusieurs kilos.
Grâce à cette traque fructueuse, les astronomes disposent pour la première fois de la carte d'identité complète d'un astéroïde. Ils peuvent relier directement la composition précise de l'objet avec son aspect dans l'espace. Les observations réalisées avant sa chute ont ainsi permis de le classer dans le groupe des astéroïdes dits F, c'est-à-dire des corps particulièrement sombres. Et l'étude des échantillons au microscope a mis en évidence un matériau constitué de grains de carbone et de verre semblables à du sucre en poudre. Une structure tellement fragile qu'elle n'avait jamais été identifiée jusqu'à présent dans d'autres météorites. Et qui devrait permettre de retracer l'histoire de la formation de ce caillou venu de l'espace.
Julien Bourdet, le 26 mars 2009
Un fragment de l'astéroïde 2008TC3, bien sombre sur le sable du Soudan. Crédit : Nasa
