Un astéroïde traqué de l'espace jusqu'au sol

Les astronomes viennent de mettre la main sur une météorite exceptionnelle : un morceau de l'astéroïde 2008TC3, repéré en 2008 quelques heures seulement avant sa collision avec la Terre. Détecté le 6 octobre par le télescope du mont Lemmon (Arizona) dédié à la surveillance des objets célestes potentiellement dangereux, le rocher de la taille d'une voiture avait été traqué tout au long de sa course par de nombreux autres observatoires. Le calcul précis de sa trajectoire avait permis de prédire son heure et son lieu de chute : en plein milieu du désert soudanais. Sa désintégration dans l'atmosphère avait même été observée à l'heure dite par un pilote d'avion et plusieurs satellites.

L'explosion du bolide avait eu lieu à une altitude si haute (37 km) que tout le monde était persuadé qu'aucun fragment n'avait pu subsister. Sauf l'Américain Peter Jenniskens, du Seti Institute. Rapidement, il s'associe avec Muawia Shaddad, de l'université de Khartoum, et monte une expédition pour en avoir le c½ur net. Les deux hommes, accompagnés de 45 étudiants, parcourent le désert en quête de précieux morceaux. Le 6 décembre 2008, la première météorite est découverte. Jusqu'en mars 2009, quelque 280 autres fragments suivront, représentant un poids total de plusieurs kilos.
Grâce à cette traque fructueuse, les astronomes disposent pour la première fois de la carte d'identité complète d'un astéroïde. Ils peuvent relier directement la composition précise de l'objet avec son aspect dans l'espace. Les observations réalisées avant sa chute ont ainsi permis de le classer dans le groupe des astéroïdes dits F, c'est-à-dire des corps particulièrement sombres. Et l'étude des échantillons au microscope a mis en évidence un matériau constitué de grains de carbone et de verre semblables à du sucre en poudre. Une structure tellement fragile qu'elle n'avait jamais été identifiée jusqu'à présent dans d'autres météorites. Et qui devrait permettre de retracer l'histoire de la formation de ce caillou venu de l'espace.

Julien Bourdet, le 26 mars 2009


Un fragment de l'astéroïde 2008TC3, bien sombre sur le sable du Soudan. Crédit : Nasa

# Posté le vendredi 03 avril 2009 07:55

Les volutes de la supernova

Les volutes de la supernova
Située à 815 années-lumière de la Terre, la nébuleuse du Crayon étend ses magnifiques volutes dans l'espace. Sa forme effilée, qui lui a valu son nom, n'est pas sans rappeler celle d'une tornade. Et pour cause : la nébuleuse a été créée par l'explosion toute proche d'une supernova, voici 11000 ans, dans la constellation de Voiles. L'onde de choc produite a chauffé le gaz du milieu interstellaire sur son passage, faisant apparaître ces filaments colorés. La nébuleuse du Crayon est visible depuis l'hémisphère Sud. Le cliché a été pris en Australie par l'astronome amateur américain Ken Crawford.

Julien Bourdet, le 5 janvier 2009


K. Crawford/Ciel et Espace Photos
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# Posté le mardi 13 janvier 2009 09:00

Modifié le mercredi 14 janvier 2009 13:11

Cassiopée A prend son temp

Cassiopée A prend son temp
Cassiopée A, un des plus jeunes vestiges de supernova connus dans la Voie lactée, s'étend dans l'espace plus lentement que prévu. Quatre images du satellite à rayons X Chandra, prises à 8 ans d'intervalle, l'attestent. Grâce à ces clichés, l'équipe américaine du Smithsonian Astrophysical Observatory a mesuré qu'au moment de l'explosion, la matière de l'étoile a été éjectée à une vitesse de 18 millions de km/h. Rapide, mais bien en dessous de ce que prévoient les modèles de formation de supernova.
Pour les chercheurs, c'est la preuve qu'une partie de l'énergie a été transférée dans un autre phénomène : la formation de rayons cosmiques, ces particules de haute énergie qui bombardent en permanence la Terre et dont les supernovae sont une des sources. Ces ions et protons relâchés par la supernova auraient été ainsi accélérés dans l'énorme champ magnétique créé par l'onde de choc de l'explosion. Un mécanisme qui, selon les astronomes, aurait "volé" 35% de l'énergie de Cassiopée A.

Julien Bourdet, le 8 janvier 2009

Cassiopée A observé par Chandra en 2007. Crédit : NASA/CXC/MIT/UMass Amherst/M.D.Stage et al
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# Posté le mardi 13 janvier 2009 08:58

Sur Mars, les pierres voyagent

Sur Mars, les pierres voyagent
Les pierres martiennes avancent contre le vent ! Ce n'est pas un canular, mais le résultat d'une très sérieuse étude, publiée ce mois-ci dans la revue Geology par les planétologues Jon Pelletier (université d'Arizona à Tucson), Andrew Leier (université de Calgary) et James Steidtmann (université du Wyoming à Laramie).

Jusqu'à présent, pour expliquer la distribution étonnamment régulière des cailloux dans les plaines martiennes, observée notamment par le robot Spirit, les scientifiques invoquaient le roulement des pierres, poussées par de forts vents. Même si Mars est en effet très venteuse, l'explication n'était guère satisfaisante. Car, compte tenu de la très faible densité de l'atmosphère, une tempête, là-bas, a la force d'une légère brise terrestre...

C'est cependant suffisant pour soulever le sable, et c'est là que réside le secret des pierres de Mars. Lorsque le vent souffle, une légère dépression se forme au pied du caillou, face au vent, tandis qu'un petit monticule se crée sur sa face arrière. Ainsi, le caillou aura tendance à tomber dans le creux, et à se déplacer très légèrement dans la direction d'où vient le vent. "Si ce phénomène se produit cinq, dix ou vingt fois, vous commencez à avoir un véritable déplacement. Les pierres peuvent avancer de plusieurs fois leur diamètre", assure Jon Pelletier.

Les simulations numériques montrent en outre que les pierres situées en deuxième rang, qui prennent le vent différemment, ont tendance à se déplacer latéralement par rapport à lui. C'est ainsi, après des temps très longs, qu'une pierre qui a éclaté se disperse régulièrement sur une vaste surface !

David Fossé, le 13 janvier 2009

Le sol de Mars vu par Spirit. Crédit : Nasa/JPL/Cornell
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# Posté le mardi 13 janvier 2009 08:55

Dunes glacées sur Mars

Dunes glacées sur Mars
Situé dans l'hémisphère Sud martien, le cratère Russel abrite en son sein un champ de dunes long de 30 km. Cette image prise par la sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter, le 18 octobre 2008, permet d'approcher ces dunes. Leur ligne de crête dessine une bande sombre. À droite du cliché, dans l'ombre, de nombreux points gris-blanc sont visibles : il s'agit de neige non pas d'eau, mais de gaz carbonique, formée pendant l'hiver austral. Lorsque cette neige fond, elle ruisselle et dessine des sillons caractéristiques, visibles sur les pentes sablonneuses, à droite.

Julien Bourdet, le 9 janvier 2009


Crédit : NASA/JPL/Univ. of Arizona/Ciel et Espace
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# Posté le mardi 13 janvier 2009 08:54